31 janvier 2017 : Véronique Lévy au Centre Saint Paul

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Le mardi 31 janvier à 20h30, Véronique Lévy, interrogée par l’abbé Guillaume de Tanoüarn présentera son nouveau  livre « Adoration ».

En 2012, elle a demandé le baptême. Sous les yeux de son frère aîné, célèbre philo­sophe qui l’accom­pagne désor­mais dans cette nouvelle vie. Témoi­gnage.

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Elle n’a pas eu peur de prendre le télé­phone et dire sa vérité à celui qui l’avait pour­tant si souvent impres­sion­née. Elle a parlé, il y eut un blanc de l’autre côté du combiné. « Le frère aîné », comme elle l’écrit pudique­ment dans son premier livre Montre-moi ton visage (éd. du Cerf), est resté muet quelques secondes, mais, contre toute attente, n’a pas riposté. « A l’assu­rance et à l’inten­sité avec laquelle elle parlait, j’ai compris que ce n’était pas un enfan­tillage, mais une authen­tique expé­rience inté­rieure », témoigne Bernard-Henri Lévy.

Véro­nique Lévy, la brin­dille ultra­sen­sible et émotive, la petite sœur d’une ving­taine d’an­nées sa cadette, qui n’avait jusqu’a­lors connu qu’ins­ta­bi­lité et dérives, avait trouvé sa voie. Celle de l’ado­ra­tion du Christ pour parler avec ses mots à elle, ses mots décom­plexés qui appellent un chat un chat, le Seigneur son sauveur. Adora­tion (éd. Du Cerf), c’est d’ailleurs le titre de son récent ouvrage dans lequel elle s’adonne à un long chant d’amour, une sorte de psaume contem­po­rain habité d’in­can­des­cence où, « sans plus se soucier de la bien­séance de l’époque, est-il résumé sur la quatrième de couver­ture, elle nous donne une parole de résis­tance sur l’ur­gence qu’il y a, pour chacun d’entre nous, d’en­fin trou­ver l’Amour. »

Résis­tante, c’est le mot. La brin­dille ne rompt pas. Avec ses tresses blondes, elle fait penser à une Fifi Brin­da­cier capable de fougue et de fermeté. Ardeur des conver­tis, vite tempé­rée d’une douceur qui lui ressemble égale­ment, avec excuses tout aussi spon­ta­nées. Nous lui donnons l’ab­so­lu­tion. Ce ne sont pas les tièdes qui font des saints. Ni les confor­mistes.

Elle aurait pu, fille de juifs athées, vivre confor­ta­ble­ment dans l’ad­mi­ra­tion de son frère, conti­nuant à créer ses bijoux de fines perles somp­tueuses, qui lui ont valu, un temps, la recon­nais­sance des médias et du monde de la mode. Seule­ment, comme elle le dirait, « le Seigneur en a voulu autre­ment. » Le fait est que, facé­tieux, Il a parsemé son chemin, souvent doulou­reux et soli­taire, de signes comme autant de clins d’œil qui l’ont menée au baptême le 7 avril 2012. Le plus beau jour de sa vie. Même « Bernard », répri­mant sa colère, a accepté d’y assis­ter.

Il y a eu, alors qu’elle avait trois ans, Cora­lie, du même âge qu’elle, qui, sur la plage d’An­tibes, lui a lancé: « Si tu ne crois pas en Jésus-Christ, les robots t’em­por­te­ront. » Cora­lie, qui l’évan­gé­li­sera chaque été et lui offrira un cruci­fix. Cela aurait pu être une photo de Johnny Depp, mais voilà : « Je tombe amou­reuse de ce Dieu aux bras grand ouverts comme pour me bercer, nous explique-t-elle. Je chuchote en cachette le Pater Noster et l’Ave Maria. C’est mon jardin secret, mes jeux inter­dits. En cachette surtout de mon frère qui, lui, parle de judaïsme, de la Shoah. Or moi, je veux aller vers la lumière. »

Adoles­cence « d’une grande violence », confirme-t-elle de sa voix fluette. Produits illi­cites, compor­te­ment exces­sif. On la met en pension, avec des « gens aussi perdus que moi. » Qu’im­porte, c’est là qu’on lui projette le film de Franco Zeffi­relli, Jésus de Naza­reth. Coup de foudre. Qui nidi­fie à l’in­té­rieur d’elle. Mais le moyen d’ex­pri­mer cet élan quand on s’ap­pelle Lévy, le nom d’une des plus célèbres tribus d’Is­raël ? Et quand on veut capter l’at­ten­tion de ce frère aîné, juif emblé­ma­tique, trop brillant, trop absent ?

Alors qu’elle mène « une vie d’er­rance », passant de bras en bras, traî­nant avec des paumés dans un bar de la Bastille, un songe l’as­saille une nuit après le décès de son père : dans une cathé­drale reten­tissent des batte­ments de cœur, ceux d’un gigan­tesque Christ en croix dont, des mains ensan­glan­tées, fusent deux épées qui trans­percent son cœur d’amou­reuse. Au réveil, boule­ver­sée, elle s’in­ter­ro­ge…

Il faudra la passion avec un homme de chair et d’os, à l’al­lure chris­tique, Indar, qui l’em­mène à l’église Saint-Gervais, pour qu’elle découvre enfin son vrai désir : le baptême. Alors que leur romance prend fin, elle réoriente sa vie : « Suivre le Christ, c’est aller vers la radi­ca­lité. »

De fait, elle bazarde les carcans de femme fatale qui furent les siens (porte-jarre­telles, talons hauts, etc.), impo­sés par une société norma­tive (très jolies pages sur la libé­ra­tion de la femme chré­tienne). Dans des vête­ments fluides qui ne la limitent plus, elle ne s’est jamais sentie si fémi­nine.

Elle reste­rait bien des heures encore à nous convaincre – comme elle ne déses­père pas de conver­tir son frère – mais elle a soif de prier comme chaque jour dans son « église-berceau ». Elle nous quitte. Elle a rendez-vous avec Lui.

Mary­vonne Olli­vry

 

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